Les ombres malades
J'étouffe… Dans l'émanation rance Que vomissent vers les cieux Ces horreurs gigantesques Un gouffre immense, qui défigure l'horizon Dans les cavernes pavées, Ou se bousculent les dévots du vide Qui se pressent d'engraisser la bete… déjà repue J'étouffe… Esclave cynique au travers de la foule hurlante Qui court vers le rêve deprave Qu'un rat immonde brandit constamment… Et qui n'est pas le mien J'étouffe… Luttant sans cesse pour ne pas succomber A l'hébétement diffus qui nous submerge Aux milliards de spectres sans raison d'être Qui errent, apathiques, en attendant le miracle J'étouffe… Aliéné, je ne m'appartiens plus Prisonnier d'un cycle sans fin Ou l'accablement règne Sur un ensemble désespérément lisse Incolore et fade Asphyxié, je ne ressens plus rien
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Le temps épuise sa substance Sur la suffisance infâme du réel L'enchaînement morne de cadres vides Qui ne masquent pas la honte Qui ne masquent pas ma honte A genoux dans la fosse commune L'oppression assèche mon essence avilie Me rendant indigne du trouble de l'éveil Emprisonné dans mes hurlements Le fardeau de la conscience de soi Le paradoxe de mon propre jugement La haine la plus pure est celle de soi-même Sans secrets ni pardon, au seuil de mon être Le temps épuise sa substance Sur la suffisance infâme du réel L'enchaînement morne de cadres vides Qui ne masquent pas la honte Mon esprit implose face au cycle éternel Brûlant dans les ténèbres au seuil de mon être Sans fierté ni honneur, noyé dans la peine J'ai pris ma place au sein des ombres malades
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Le vent lacere l'horizon Les grondements du sol fissurent mon chemin Je chancele dans la tempête de suie A la merci de dieux cruels Que le malheur indiffère La sécheresse dévore ma voie Mon âme se perd Vers la lumière Devant moi se répand le désert de cendre Le reflet éteint de ma vie gâchée… Vestiges fanes Dévorés par le temps Aveugle dans ces brumes arides Harcelé par les vagues de démence Les mains levées, implorant Je succombe a la folie Chancelant vers l'éclat qui me guide Vers ses promesses, vers sa lumière Au coeur du cyclone, ma route se dérobe La lueur s'étiole dans mes larmes d'espoir Vaincu par l'obscurité L'errance dans le désastre D'une noirceur invincible Déchire la lumière Et mon âme avec elle
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Un jour, perdu dans ma mémoire Mon corps devint plus lourd La douleur fut plus forte La lumière plus pâle Mes ténèbres se délavèrent Et les vents me glacerent Le cours des jours s'accéléra Seindant mes nuits interminables Un cauchemar lucide Le deperissement morbide Un songe éternel : Ce qui aurait dû être… Qui j'aurais dû être… Je me'assèche, la gravité lentement l'emporte Rampant, je deviens cette bête affaiblie Rompue d'avoir vecu Et qui dans chaque soupir cède à la folie …Et je questionne sans cesse le sens de cette farce Je suis si las Éternel songe
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Le manque qui fait du jour une nuit insondable Et de l'esprit une démence permanente Repandant la penombre L'extension croissante de ma dépression Ou l'oubli emporte la joie Dans les méandres froids de cauchemars névrotiques Liant la clarté aux ténèbres Sur une toile grise d'un mauvais goût atroce Le sinistre reflet du chaos intérieur Une masse croissante qui dévore l'ambition La torture qui m'empeche le reve Me révèle la faille vers l'au-delà Sans les splendeurs de l'esprit Je ne suis qu'un spectre harasse Qui erre sans but ni envie Et j'attends mon heure
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Aux frontières de ma conscience Se trouve un domaine hallucine Trop sombre pour rêver Trop froid pour l'espoir Où pullulent échecs et crevasses Cloisonné de murailles infinies Faites de pierres noires Que les ronces dévorent Un lieu maudit et sans couleurs Qui morcèle mon âme De passions mourantes Une lugubre alterite Où gisent les ruines de mon esprit Une faille dominée par un prisme de cauchemar Qui dévore la lumière… toujours absente Le supplice d'être sans le sens qui me distingue L'accablement Comme l'étreinte glacée du temps qui passe Et je sombre dans ces eaux noires D'où jaillissent les crocs infects de la désolation L'idée m'échappe Je reste seul face au reflet d'un monstre abject Resigne a la deception constante Tremblant, peru dans ce néant absurde Où le vide m'attire… el j'y tombe, à jamais
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026
Je gis prostre, martyr des rapaces Enchaîné au sol par les affres du sort A la merci de l'ombre… hors du temps Lacéré par ses griffes de ténèbres, mes glas sonnent sans fin La lumière fuit, la raison suit Les cieux me contemplent par leurs milliers d'iris, d'étoiles en larmes L'inatteignable s'ajoute au supplice Aucun salut, que la détresse et l'angoisse "L'espoir vaincu, pleure" (Spleen, C.B.) …Non. je ne m'effacerai pas, englouti par la fange L'agonie a jamais jusqu'au crépuscule du monde Et que mon essence en lambeau soit dissoute dans la nuit Je rejoindrai les étoiles par la déchéance, la misère et la souffrance Obstine, brulant de ténèbres Le plus sombre des astres
Submitted by Corpse Defiler — Aug 21, 2026