Contrepoint
L'an 1546 Voici que le sort m'accable Malgré l'élan qui s'était promis De briser toutes les entraves Le regard aiguisé de l'orateur Capable de vive éloquence Est, aux yeux des inquisiteurs Coupable de voix dissonante Comment ne pas condamner l'intolérance enragée Ivre d'exposer les entrailles et le sang ? N'est-ce pas loi transgressée par l'insipiеnce acharnée Que dе mettre aux tenailles l'esprit incandescent ? J'ai souvenir d'un haut lieu de savoir profane Enflammé par un antique idéal Seulement une halte, et toujours plus s'éloigne Son halo vespéral Une lueur s'avance dans l'obscurité des temps Où tous se rassemblent près des feux de la Saint-Jean Arborant les lettres à la façon d'un étendard Ouvrage des presses à l'emblème de doloire Si chanter en chœur fait l'unité du genre humain La libre pensée en est le noble contrepoint C'est dans l'épreuve que la raison Fera son œuvre de consolation Puisque le feu insatiable devance l'inéluctable D'une existence incendiée de tourments Si connaissance est enclose, et qu'ignorance dispose Autant quitter ce second enfer dans l'instant
Submitted by VladTheImpaler666 — Jul 08, 2026
Nourri à l’ombre d’un siècle défunt Un sentiment d’avancer plongé dans le noir Perdu comme au Cimetière Marin Où la conscience alourdie du passé s’égare Les grandes illusions changées de main Se découvrent d’oripeaux qu’on a laissé choir Les os blanchis du peuple souterrain Savent bien la douleur d’avoir cessé de croire Le regard dans le chaos des vagues Dont l’effort pour capturer leur forme l’efface Apprivoisе l’inconnu Aussi vive que sublime brûlurе L’azur du ciel semble se défendre De son tombeau fait de cendres Le temps d’une trêve fugitive Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre! Que s’épuise en secret Cette flamme ingénieuse qui réconforte Quand vacillent ses reflets La lanterne des morts l’emporte Ayant donné, presque par erreur Au vide ses couleurs Le jour s’achève, jetant ses silhouettes Sur l’épitaphe du poète A l’horizon, l’ambre se mélange De belligérants étranges Demain navigue de rive en rive Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre!
Submitted by VladTheImpaler666 — Jul 08, 2026
Dans les enjeux revêtus d’importance S’exhale une essence de délire insensé Un simple malentendu mène la danse Essayons de ne pas dramatiser Le cœur à l’ouvrage saisi par la prose Des discours tenus la main sur le cœur Concorde engravée dans le tréfonds des choses On vit pour des mots tout autant qu’on en meurt Que reste-t-il ces jours-ci à espérer? Après tant de bien, après tant de mal Sinon sceller pour l’éternité Un marché qui se nourrit de sa propre faim Dans son cercle infernal Sous un pan déchiré du tissu du réel Les débris d’innocence éviscérée hors-champ À nos pieds s’amoncellent Pour les uns l’existence, c’est livrer bataille Pour les autres une plaie secrète qui les tiraille Le bruit court que la vie est un jeu de hasard Aussi légère qu’un château de cartes Prêt pour un tragique coup de théâtre? Endosser un rôle est bien lourd à porter Mais s’en libérer fait qu’aussitôt s’échappe La douce vertu de la nécessité Toi aussi, tu as cru avoir ton mot à dire? Tu voulais changer la règle du jeu! Pourquoi ne pas commencer par en rire? Cesser de le prendre un peu trop au sérieux Un instant disparaître, et ne plus lutter Ni contre la haine, ni contre l’ennui Conjurer nos pertes, réenchanter Cet animal étrange qui hurle sa peine Au fin fond de la nuit Dans la gamme du sang d’encre à l’abîme vermeil Il n’y a que des nuances Et choisir un camp est accidentel Pour les âmes tendres, toutes les raisons du monde Se renversent, s’égalent, et soudain se confondent Le bruit court que c’est déjà la fin de l’histoire A moins qu’on ne rebatte les cartes
Submitted by VladTheImpaler666 — Jul 08, 2026